Catherine Watine - Traces paradoxalesCatherine Watine vient de publier chez Hello Editions un recueil de poésie titré Traces paradoxales.

Présentation de l’ouvrage

On ne sait si la poésie est un rempart contre les malheurs ; cette bulle de beauté face à la laideur chère à Christian Bobin. Ou si elle est, au contraire, l’expression de la douleur. Cette plongée dans l’enfer que Dante expérimenta. La poésie de Catherine Watine incarne un autre chemin. Le fil ténu de l’expérience humaine dans toutes ses dimensions. Les plus belles, comme les plus tragiques.

Son écriture est celle d’un parcours, d’une existence qui aura largement payé son écot aux drames. Mais qui aura su retrouver la lumière. Attention toutefois à ne voir dans cette lumière, celle qui traverse le recueil, que l’expression d’une résilience sans faille. Ces mots portent inlassablement le poids des blessures. Et même du désespoir.

Seulement, et c’est là que Catherine Watine fait œuvre poétique, ce néant qui frappe tout au long d’une vie, mute en langage, en énergie littéraire. Comme l’expression d’une lutte, d’une incompréhension profonde se transformant en véritable quête. Une quête d’absolu, infiniment triste mais d’une force peu commune.

Traces paradoxales de Catherine Watine

Les textes sont liés par ce fil rouge. Ce retour inlassable au passé, pour l’apprivoiser. Aucune résignation, aucune acceptation face aux drames. Ou simplement face à la solitude, à la dureté. On ressent, au fur et à mesure que les poèmes s’enchaînent, une envie brûlante de transcender l’inqualifiable. De tisser des liens avec ceux qui ont disparu, de trouver une autre forme de langage à nouveau. Cela passe par la musique, et ici par la poésie. Cette tentative de contrer le temps et son œuvre de destruction.

La dimension biographique est évidente, et puissante. Une façon de s’écrire qui laisse des traces dans l’esprit. Des cicatrices intimes que l’on fait siennes le temps de la lecture. Et qui deviennent ensuite l’expression universelle d’une souffrance. Une souffrance dans ce qu’elle a de plus complexe. La douleur est l’expression paradoxale de la vie. Seule la mort l’éteint. Catherine Watine exprime magnifiquement cette ambivalence. Elle plonge en son cœur. Là où il n’y pas de réponse. Seulement l’injonction de vivre ou de mourir. De tenir ou de se laisser emporter. Sans que l’on sache très bien comment y parvenir. Au plus près, finalement, du doute de la poésie.


Avec son recueil poétique « TRACES PARADOXALES », Catherine Watine rejette l’idée d’une poésie qui serait un simple refuge, ou une plainte. La poésie ne répare pas le passé, mais elle l’apprivoise, et refuse la résignation.

Chez elle, la poésie est une alchimie. L’universalité par l’intime…Ou le paradoxe fascinant de la lecture. Au-delà de la résilience…La lumière.

Dans son écriture parfois échevelée, parfois provocante, l’existence palpite. On y devine la tension victorieuse contre la destruction du temps.  C’est toute l’expression de la vie, ce qu’elle appelle ses traces paradoxales. (YAN KOUTON, auteur et fondateur de La Maison de la Poésie de Brest)

►  Chronique de Jeanne Orient